Quand l’Égo est le Maître (et la fable de Nicolas)

Salut, c’est Nicolas. Je vais vous raconter une fable assez crade, à propos d’un certain…

Nicolas le pauvre. Celui qui portait des ‘pantalons de jogging’ à la petite école, tandis que les autres portaient des ‘pantalons en jeans’.

Nicolas qui n’avait pas de père et pas trop de relation avec sa mère non plus.

Nicolas que sa famille ne voulait pas garder parce qu’il était trop énervé. Celui qui n’était pas un ‘cadeau’, mais n’en recevait pas trop non plus à Noël ni à sa fête.

Nicolas l’handicapé, avec les petites jambes. Celui qu’on ne veut pas dans son équipe de sport, parce que de toute façon, il se plaignait de douleurs tous les jours.

Celui qui cherchait l’attention des autres en faisant des conneries tout le temps et en essayant de les faire rire… parce que sa vie n’était pas si joyeuse finalement.

Nicolas qui a fait des tentatives de suicide, qui a été drogué et alcoolique. Le même avec des tattoos sur tout le corps et mal rasé.

Nicolas qui s’est retrouvé à la rue, affamé, qui a fait le mendiant dans les bouches de métro et qui a dormi dans des endroits peu recommandés pour survivre.

Le même qui a pris des décisions dangereuses pour essayer de s’en sortir encore et encore, années après années.

Oui exact : le même qui a habité pendant des années avec des toxicomanes violents qui cassaient tout dans la maison quand ils n’avaient pas leur dose et qui recevait toutes les menaces possibles s’il ne les aidait pas.

Nicolas qui a réappris à se tenir sur ses jambes malgré qu’on lui ait dit qu’il finirait en chaise roulante, qu’il était un moins que rien et qu’il finirait comme son père.

Celui qui a arrêté la cigarette et l’alcool pour reprendre la santé, quand les compagnies d’assurances ne voulaient plus l’avoir comme client et que sa toilette se remplissait de sang chaque jour.

Nicolas qui eût des centaines de consultations avec des chiros, masso, médecins, tout le tralala, qui ont fini par l’inspirer à étudier dans le domaine, avec l’énergie désespérée de la personne qui veut prouver qu’elle n’est pas ‘une moins que rien’, une personne qui n’a pas eu la chance d’aller à l’université au même âge que les autres, parce qu’elle n’avait pas la même réalité à traverser.

Ce même Nicolas qui continuait à faire des blagues et à attirer l’attention, avec son charisme et sa bonne humeur qui lui ont permis de survivre jusqu’à ce jour.

Nicolas, qui a ouvert le gym Primal Camp après avoir ouvert sa clinique, car il fallait que cela soit grandiose !

Et oui, Nicolas qui était très fier d’apprendre des choses et de vouloir les partager aux autres à tout prix, parce que lui, ça l’avait sauvé. Ce jeune homme qui n’avait plus peur de beaucoup de choses après tout ce qu’il avait traversé.

Nicolas, toujours aussi agaçant et fanfaron, tellement fier de montrer ce qu’il sait, sans respecter les anciens, qui lui avaient demander de se taire, parce que les choses devaient rester ce qu’elles étaient. Pendant ce temps, des centaines de personnes témoignaient de sa pratique, qui changea leur vie.

C’est connu, il n’y a que Dieu et les médecins qui peuvent guérir. C’est écrit dans les tables de lois.

Il avait été averti, mais il avait survécu plusieurs guerres, il se sentait protégé et maudit par les dieux à la fois. Son armure était abimée et ils en ont profité pour infiltrer une lame assassine pour le faire taire à tout jamais.

Nicolas, trainé sur la place publique, battu, insulté, dépouillé, critiqué, détesté. Pratiquement tout le monde détourna la tête, comme si cela ne se passait pas vraiment. Regarder sans réagir, c’est approuver non ? Si on ignore, nous sommes protégés.

Il soigna ses plaies durant quelques mois, revendant toutes ses possessions pour survivre aux attaques qui continuaient.

Ses compétiteurs en profitèrent pour venir le frapper à leur tour et à faire la fête sur les débris qu’il restait de sa vie.

Nicolas le charlatan. Ils avaient gagné la bataille.

‘’Enfin, le silence !’’ pensèrent-ils. Non…

‘’Non… Impossible… Il s’est relevé! Comment est-ce possible? Personne n’aurait pu survivre à cela!! Nous avons engagé les meilleures brutes et avocats pour effrayer son entourage, en plus des plus grands bardes pour répandre la nouvelle partout. Il devrait s’être suicidé ou avoir changé de profession!!’’

Malheureusement, Nicolas n’a jamais connu la paix. Il s’est battu chaque journée de sa vie et voit toujours dans sa toilette du sang et entend toujours la chanson des bardes.  Mais maintenant il marche et en est fier : il avait raison de suivre ce chemin de droiture et d’apprentissage.

Nicolas va maintenant là où il est invité et a quitté sa patrie natale.

Cela ne suffit cependant pas à ses compétiteurs. Non! Il devait mourir. Tout était prévu! Des années de stratégies, de conseils de guerre. Son existence même est une insulte : il représente encore une menace.

De nouvelles chansons sont composées et lancées chaque jour, de plus en plus vides de mélodie et de textes accrocheurs. Des bassesses sans fondation, qui soulignent au final l’ignorance et le désespoir des compositeurs. Aveuglés par leur colère et leur égo, ils ne réalisent même plus que les gens quittent leur salle de concert ou font semblant à leur tour de ne pas entendre ces chansons.

Bientôt, la salle sera vide et les chanteurs devront changer de métier, parce que sans public et sans talent, ils finiront eux-aussi à court d’argent… et réaliseront qu’ils ont perdu beaucoup de temps.

Beaucoup de temps qui aurait pu être investi dans leurs forces plutôt que dans la promotion des faiblesses des gens qui leur font peur, avec leurs idées et leurs personnalités qui les sortent de leur zone de confort.

Nicolas est passé par là aussi. Une salle quasiment vide, mais pour d’autres raisons.

Les gens ont eu peur d’être près de lui, comme s’il avait la peste.

Il s’est demandé plusieurs fois si c’était ça la grande leçon de sa vie : réaliser qu’effectivement, il serait un moins que rien toute sa vie, malade, seul et sans le sou.

Il attendit la réponse… et ressenti un truc en lui, quand il accepta toute la grande histoire de sa vie.

Il comprit qu’il était exactement là où il devait être… debout sur ses deux jambes fonctionnelles, à regarder par terre son égo piétiné et réaliser qu’au fond de lui et de chaque personne, il y a ce petit être magnifique qui vit et qui souvent manque d’amour.

Il reprit son égo dans ses bras et décida de le voir comme une grande force qui lui a permis de survivre, pour prouver son droit d’existence dans le monde.

Maintenant, petit égo pouvait se reposer, parce que le cœur prenait le relais.

Fin de la fable.

 

Mon égo avait besoin de vous parler avec cœur de cette ancienne personne, qui est la fondation de qui je suis maintenant.

Je dois vous avouer que je me suis installé devant cette page blanche ayant envie de parler de l’égo des thérapeutes et de la méchanceté que certaines personnes pouvaient avoir envers les autres, qu’ils ne cherchent pas assez à comprendre.

Chercher à comprendre est une démarche scientifique en soi. La curiosité est la plus belle qualité du chercheur.

Depuis la nuit des temps, l’humain et la vie sont les sujets les plus complexes et mystérieux pour nous.

Après plus de 10 ans de pratique dans plusieurs pays, à ouvrir mon cœur à chaque personne que je rencontre, je réalise que la plus belle qualité qu’un thérapeute peut avoir, c’est l’empathie. Le désir de comprendre l’autre, sans jugement, d’accepter son parcours et de l’aider à avancer vers la meilleure version de lui-même.

Durant l’une de mes formations, le Dr Amit Goswami a dit que les thérapeutes doivent éviter la pornographie et les films de violence, qui nous ramènent vers nos bas instincts, la peur, la dominance, qui nous éloignent du plus beau de nous-même : le cœur. J’ai trouvé ce point de vue très intéressant.

Il est trop facile de stimuler notre égo dans ce monde moderne, empli de possibilités instantanées de reconnaissance, grâce aux médias sociaux.

Il est trop facile de tomber sur des images hypersexualisées ou des images de violence ou de coronavirus ou je ne sais quel nouveau virus ‘à la mode’ qui apparait chaque année.

Que faites-vous pour vous ramener dans le cœur et nourrir ce petit enfant qui en a peut-être manqué d’amour propre lui-aussi ?

J’aime dire à mes étudiants que j’ai poussé dans le désert, mais que je suis devenu un cactus assez bien. Les années, la sagesse, la présence de mes deux filles et de ma femme m’aident à perdre mes dernières aiguilles.

Je n’ai plus besoin de l’approbation de personne pour savoir que je suis une personne de valeur sur cette Terre.

Toi, mon frère, ma sœur : je t’aime.

Tu as fait de moi quelqu’un de bien, avec tes jugements ou tes encouragements.

D’un enfant à un autre…

 

Nicolas Desjardins

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8 commentaires

  • Jean-François Landry Reply

    Très sharp Nic ! Ton parcours est remarquable. J’ai moi aussi vécu des passes plus ou moins évidentes, mais loin de ce que tu as traversé. Avec le temps on apprend à mieux gérer ses émotions, et l’intelligence c’est d’être continuellement capable de s’adapter à son environnement qui ne cesse de changer, chose que tu fais avec brio. Chapeau !

    • Nicolas Desjardins Reply

      Merci beaucoup, super gentil ! Exact ! Il faut apprendre, s’adapter et opter pour des meilleurs choix 🙂

  • Dina Le Tarot d Helios Reply

    Merci Nicolas je vous envoie toute mon affection votre histoire me touche personnellement vous avez du combattre l adversite certes mais vous etes devenu un guerrier et un guérisseur lumière. Je suis ravie de vous lire. Merci et Gratitude pour votre partage en toute humilité.

    • Nicolas Desjardins Reply

      Merci beaucoup, très gentil !

  • Philippe VAN ACKER Reply

    Ton témoignage est très touchant Nicolas. Combien de patients n’entrent pas dans mon cabinet avec le lourd fardeau de la fatalité sur les épaules ? Des adolescents, des enfants parfois si jeunes, qui semblent déjà brisés par “on ne sait quoi”, que personne n’a jamais regardé de près, et encore moins résolu. Au mieux, tout comme toi, ils sont amenés chez le médecin, chez le psychologue, chez le podologue, chez l’orthoptiste, chez l’orthophoniste, chez le psychomotricien, chez l’ergothérapeute… Mais “ça ne marche pas bien”. Pourtant ce sont des gens extrêmement compétents, sans aucun doute. Et c’est tout à fait vrai. Mais pourquoi ça marche pour d’autres et pas pour eux ? Vers qui se tourner ? Aux détracteurs dont tu parles, je dirai une chose très simple : “Laissez-nous donner une chance à ces enfants, de ne pas grandir dans la fatalité, s’il vous plaît. Mettez de côté les querelles d’écoles et les ego, juste pour eux. Merci.”

    • Nicolas Desjardins Reply

      Merci ! Avec la psychoposturologie, on pourra aider beaucoup de gens !

    • Nicolas Desjardins Reply

      Thank you 🙂

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